Corriger des copies numériques avec des annotations orales

      Lecture Corriger des copies numériques avec des annotations orales

 

S’il est une chose frustrante, c’est bien le peu de temps que consacrent les élèves aux remarques et aux corrections apportées par l’enseignant. Le temps passé à lire, évaluer et corriger la copie est très largement inversement proportionnel au temps passé à prendre en compte ces remarques une fois la note connue…
D’où, la nécessaire réflexion sur ce que peut apporter un outil numérique afin de faire de ces moments de réception des copies des éléments formateurs qui participent aux apprentissages et à leurs régulations individuelles.

Comme rappelé dans l’article “Corriger à la voix ? Expérience de corrections à la voix et réflexions pour une activité de relecture active de la copie par l’élève”, l’utilisation d’un commentaire audio pour corriger une copie a une certaine forme d’efficacité. En effet, les commentaires sonores :

  • sont perçus comme plus efficaces qu’un commentaire écrit dans la nuance du propos ;
  • sont associés à un sentiment plus grand d’implication dans les interactions pédagogiques ;
  • sont associés à une plus grande rétention du contenu du message ;
  • sont associés à l’idée que le correcteur se soucie davantage de l’élève.

Enfin, l’analyse des documents a révélé que les élèves étaient trois fois plus susceptibles de mettre en œuvre des conseils pour lesquels des commentaires audio étaient fournis que ce n’était le cas pour un contenu seulement textuel. La voix apparaît donc comme un levier efficace pour impliquer les élèves dans un travail formatif de retour sur leurs productions.

Concrètement, pour le second temps de cette correction, nous avons donc eu donc besoin de :

  1. Donner « un travail à faire » avec restitution d’une pièce jointe (au format PDF) via le module du même nom du cahier de texte de l’ENT Eclat-BFC.
  2. Ouvrir et commenter oralement les copies avec le logiciel Acrobat Reader DC et utiliser un micro.
  3. Restituer le fichier PDF commenté à chaque élève via le module « travail à faire » du cahier de texte.

Convaincu des apports des commentaires audio dans ses aspects formatifs de l’évaluation, j’ai donc décidé de reprendre une expérience déjà menée avec l’outil Evernote et de la décliner dans un contexte plus général.
En effet, je souhaitais, dans la cadre du RGPD, trouver une solution technique simple à mettre en place sans devoir s’approprier d’autres outils que ceux dont les enseignants ont à leur disposition.

  1. D’abord, j’ai évalué traditionnellement les copies manuscrites des élèves, données en devoir surveillé.
  2. Puis, les élèves ayant mal compris et mal appliqués la consigne de mise en œuvre de rédaction d’un paragraphe argumenté, j’ai fait une reprise collective magistrale pendant laquelle, ils devaient prendre des notes et poser des questions.
  3. Ensuite, ils ont repris la dernière question, ont réécrit leur réponse dans un traitement de texte, dans notre cas LibreOffice Writer (en s’aidant de correcteurs orthographique et grammatical pour améliorer l’expression).
  4. Enfin, ils ont généré un fichier PDF qu’ils ont ensuite déposé en pièce jointe, via le module « travail à faire » du cahier de texte sur l’ENT Eclat-BFC.

De mon côté, une fois ces fichiers ramassés et téléchargés sur un ordinateur, je les ai annotés oralement avec l’outil  Acrobat Reader DC (gratuit et multiplateforme), puis je les ai rendus, sans indiquer la nouvelle note, via le module du cahier de texte intitulé « Travail à faire » .

Ensuite, pour avoir la nouvelle note, chaque élève devait me prouver qu’il avait écouté les commentaires oraux (NB : impossible sur la version sur smartphone) en indiquant le point positif et négatif du travail que j’avais énoncé dans les annotations associées à la copie numérique. Dans ce cas, les élèves obtenaient les nouveaux points qui s’ajoutaient à ceux de la note du devoir surveillé.

Du côté de l’enseignant, le fait de pouvoir en dire plus qu’à l’écrit et de manière plus rapide est un avantage indéniable : cela augmente les possibilités de reformulation et permet de s’adresser directement à l’élève.
>> En savoir plus sur la rétroaction multitype.

Du côté de l’élève,  l’apprentissage est plus actif et il s’engage cognitivement dans l’évaluation et peut en tirer profit tant en termes de compréhension que d’amélioration de la note.

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